La plupart des mémoires de maîtrise au Canada font entre 80 et 150 pages, pages liminaires et bibliographie comprises. Les rares universités qui publient un plafond ferme le fixent entre 150 et 200 pages. Sous cette fourchette, ce qui gouverne réellement votre document n’est pas le nombre de pages. C’est le nombre de mots, et la mise en page que votre université vous impose par-dessus.

La réponse directe, chiffres officiels à l’appui

Peu d’universités canadiennes mettent un nombre sur la longueur d’un mémoire. Celles qui le font méritent d’être citées mot pour mot, parce que ce sont ces chiffres que votre faculté des études supérieures appliquera.

Les études supérieures et postdoctorales de McGill sont les plus explicites au pays. Un mémoire de maîtrise ne dépasse normalement pas 100 pages, et 150 pages constituent le maximum, ce total incluant la page de titre, les résumés, la table des matières, la contribution des auteurs, les remerciements, la bibliographie et les annexes.

Polytechnique Montréal publie le même ordre de grandeur et y ajoute la conversion qui le rend utilisable. En tenant compte qu’un document rédigé à interligne et demi contient environ 400 mots par page, un mémoire ne devrait pas dépasser 100 pages et une thèse ne devrait pas dépasser 175 pages.

McMaster est plus permissive. Le texte d’une thèse de doctorat ne doit pas dépasser 300 pages à double interligne, celui d’un mémoire 200 pages.

L’Université du Nouveau-Brunswick fixe le plafond le plus large et donne les deux unités. Un mémoire ne devrait normalement pas dépasser 200 pages (50 000 mots) et une thèse de doctorat 400 pages (100 000 mots), de la page de titre au curriculum vitae.

Ces quatre énoncés ont un point commun. Tous sont formulés comme des maximums, aucun ne fixe de minimum, et chacun définit différemment ce qui entre dans le compte.

Par discipline : c’est là que se joue la vraie variation

Les règles universitaires sont générales. Les lignes directrices départementales, elles, révèlent l’effet de la discipline, et l’écart est large.

Histoire de l’art. Le département d’histoire de l’art de Concordia fixe le mémoire de maîtrise à 13 000 ou 15 000 mots, auxquels s’ajoutent les notes, la page de titre, le résumé, les remerciements, la table des matières, la liste des illustrations, les figures, la bibliographie et les annexes. À 400 mots la page, cela représente environ 35 pages de corps de texte avant tout le reste.

Science politique. Le département de science politique de Carleton situe le mémoire à 80 ou 100 pages, contre 65 à 80 pages pour l’essai de recherche.

Journalisme. L’école de journalisme et de communication de Carleton indique qu’un mémoire fait normalement de 30 000 à 50 000 mots, soit environ 120 pages à double interligne, sans minimum ni maximum absolu.

Aménagement. L’École d’aménagement de Waterloo répond directement à la question. Un mémoire idéal fait entre 90 et 110 pages de texte, références et annexes exclues.

Sciences de l’éducation. La faculté d’éducation de l’Université d’Ottawa raisonne d’abord en mots. Le texte final doit compter entre 20 000 et 25 000 mots et ne peut dépasser 35 000 mots, soit de 100 à 130 pages.

Sciences de la santé. La faculté de médecine dentaire de McGill reprend simplement les chiffres de 100 et 150 pages de l’université. C’est fréquent dans les disciplines expérimentales, où la règle générale convient déjà.

La logique est constante. Les disciplines de texte s’expriment en mots et restent courtes en pages, une fois les notes et les figures écartées du compte. Les disciplines empiriques s’expriment en pages et absorbent des tableaux, des figures et des annexes qui gonflent le total sans gonfler la démonstration.

Mémoire et thèse : un rapport d’environ un à deux

Lorsqu’une université publie les deux chiffres, celui du doctorat vaut de 1,75 à 2 fois celui de la maîtrise.

Polytechnique Montréal donne 100 pages contre 175. McMaster donne 200 pages à double interligne contre 300. L’Université du Nouveau-Brunswick donne 200 pages (50 000 mots) contre 400 pages (100 000 mots).

Ce rapport traduit une différence d’ampleur, pas de densité. Une thèse de doctorat porte généralement plusieurs études distinctes, une recension des écrits plus profonde et une discussion qui doit situer l’ensemble du programme de recherche. Si vous passez de la maîtrise au doctorat, notre guide sur la rédaction d’un mémoire de maîtrise détaille ce changement d’échelle.

Ce que les universités canadiennes plafonnent vraiment

Voici le point qui surprend le plus. Le nombre de pages est presque toujours une recommandation. La longueur du résumé, elle, est une limite ferme, vérifiée au dépôt.

L’École des études supérieures de l’Université de Toronto est sans ambiguïté. Le résumé ne doit pas dépasser 350 mots pour une thèse de doctorat ni 150 mots pour un mémoire de maîtrise.

La politique du Sénat de l’Université Western utilise les mêmes chiffres, et y ajoute un résumé de vulgarisation distinct, lui aussi limité à 350 mots.

Au Québec, les plafonds sont plus hauts et les unités diffèrent. L’Université de Montréal autorise 250 mots (une page) pour un mémoire et 500 mots (deux pages) pour une thèse, avec un maximum de dix mots-clés. McGill compte en caractères plutôt qu’en mots, avec une limite de 4 000 caractères. Polytechnique Montréal précise qu’en général un résumé ne dépasse pas trois pages. L’Université du Nouveau-Brunswick plafonne le sien à 350 mots.

Les chiffres réellement appliqués sont donc la longueur du résumé, le nombre de mots-clés, les marges, l’interligne et la pagination. Les annexes, à l’inverse, sont rarement plafonnées. McGill fait exception, puisque son maximum de 150 pages les englobe avec la bibliographie. À l’École d’aménagement de Waterloo, c’est le contraire, la cible de 90 à 110 pages excluant explicitement les références et les annexes.

Avant de vous inquiéter de votre total, vérifiez donc ce que votre université compte. Le même mémoire peut faire 120 ou 160 pages selon l’endroit où la ligne est tracée.

Pourquoi le nombre de pages dépend de la mise en page imposée

Une page n’est pas une unité de contenu. C’est une unité de mise en page, et cette mise en page, votre université l’a choisie.

Polytechnique Montréal donne la conversion telle quelle. Un document à interligne et demi contient environ 400 mots par page. Déplacez ce même texte vers le double interligne, que McMaster et l’Université du Nouveau-Brunswick supposent dans leurs limites, et vous tombez plutôt autour de 250 mots par page. Le manuscrit grossit d’environ 60 pour cent sans une seule phrase de plus.

L’interligne n’est que la première variable. Les marges fixées par règlement, le corps de 12 points obligatoire, le choix entre notes de bas de page et notes de fin de chapitre, l’obligation de placer les figures pleine page avec la légende sur une feuille séparée, la pagination des annexes : chacun de ces éléments déplace votre total de plusieurs pages. Deux étudiants ayant mené la même recherche avec le même nombre de mots peuvent déposer des documents séparés par trente pages.

C’est pourquoi comparer votre nombre de pages à celui d’un collègue d’une autre université ne vous apprend rien d’utile.

Comment estimer votre longueur finale avant la mise en forme

Planifiez en mots. Convertissez en pages seulement à la fin.

  1. Fixez un budget de mots par chapitre. Servez-vous du chiffre publié dans votre discipline s’il existe. Vingt mille mots en sciences humaines ou en éducation, quinze mille en histoire de l’art, trente mille en journalisme sont des cibles réellement publiées.
  2. Divisez par le nombre de mots par page qu’implique l’interligne de votre université. Environ 400 à interligne et demi, environ 250 à double interligne.
  3. Ajoutez les pages liminaires. Page de titre, résumé, table des matières, listes de tableaux et de figures, remerciements. Dix à quinze pages est courant.
  4. Ajoutez une page par figure ou tableau pleine page, plus une page pour toute légende que votre université exige sur une feuille distincte.
  5. Ajoutez la bibliographie et les annexes, puis vérifiez si votre université les compte. Cette seule vérification décide si vous êtes à l’intérieur ou à l’extérieur d’une limite comme celle de McGill.

Faites cet exercice une fois au moment du plan, une fois après la recension des écrits. Il coûte vingt minutes et il évite la découverte la plus coûteuse de la rédaction aux cycles supérieurs, celle de constater au dépôt qu’on dépasse de quarante pages.

Conclusion

S’il vous faut un seul chiffre, retenez 80 à 150 pages pour un mémoire de maîtrise canadien. Si vous voulez le chiffre qui compte, retenez votre nombre de mots, puisque c’est lui qui survit à un changement d’interligne. Consultez ensuite les règles de votre propre université sur deux points précis : la limite de mots du résumé, qui est appliquée, et la liste de ce qui entre dans un éventuel maximum de pages, qui varie plus que tout le reste.

Dernière vérification : 2026-09-03.